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Et la poésie fut...

“Sois !” Souffla l’univers. Et la poésie fut !

Que de rimes et de vers dans ce “sois !” contenus

 

Un S, un songe en devenir, dans la nuée de la première expiration

Des lettres et des mots qui s’animent et résonnent à l’unisson

Déploient leurs cordes, tissent leur toile, vers le S muet qui signe la fin

Qui fait taire l’inspiration, clôt l’intervalle jusqu’au prochain

 

“Sois !” Souffla l’univers. Et la poésie fut !

Entre le son et le silence, entrons! Dans ses mots, dans sa danse…

 

En dehors de ce “sois!”, vastité indicible

Impensé de l’esprit, un impensable vide

Comme un espace entre les lignes ou un soupir entre les notes

Des sempiternelles saisons, ils en sont les litotes

 

“Sois !” Souffla l’univers. Et la poésie fut !

Fenêtre ouverte, deux infinis, le temps s’échappe et les lettres derrière lui

 

Derrière le temps, elles suivent son rythme et entament leur révolution

Un rythme qui les pénètre, les sons comme des planètes en rotation

Par la porte de la poésie, la beauté d’un coucher de soleil

Un esprit qui s’endort à l’horizon lorsque l’âme se réveille

 

"Sois !" Souffla l’univers. Et la poésie fut !

Fais donc rouler ta sphère et que ta strophe roule dessus.

 

Que les vers s’y enroulent comme la houle

Que les lettres et les sons de leur nectar te saoulent

Et les rimes déroulent leur syllabes et leurs mots

Une tête qui tourne pour s’accorder à la ronde d’en haut

 

"Sois !" Souffla l’univers. Et la poésie fut !

Deux S qui ouvrent l’espace, comme la feuille blanche, scène encor' vierge de nos traces

 

Que la plume vienne danser sur mon silence

Et ensemble partons en quête, en voie vers l’éloquence

Caresser ma cadence et me faire goûter de sa voix

Elle sera pour moi une liqueur, et je serais pour elle la soie

 

"Sois !" Souffla l’univers. Et la poésie fut !

Isopée était alors son nom. Déesse du diapason, du métronome et de l’accord d’Éon.

 

Au monde, Isopée fit don de son I, immensité, première métonymie

L’image comme espace pour l’oeil qui ne peut contempler l’infini

L’on voit encore, minuscule, mystère, celui de son point

Qui, une fois devenu majuscule disparait loin, toujours plus loin

 

"Sois !" Souffla l’univers. Et la poésie fut !

Isopée, patronne de la prosodie, de sa panoplie opiacée nos pensées infléchit.

 

Au monde, Isopée fit don de son O, il est le coeur de nos mots

Des sons qui, dans leur vibrato, cachent signes et sens, du Sois! ils en sont l’éternel écho

Sillons d’éther, leur portée est de l’âme voyageuse les escaliers

L’or n’est visible qu’à l’oreille quand l’oeil ne sait pas écouter

"Sois!" Souffla l’univers. Et la poésie fut !

Isopée, avant de disparaitre, épèle le monde lettre après lettre

 

C’est dans cet élan que naît la voie lactée

Un alphabet au parfum d’un ciel étoilé

Elle nous éclaire de ses 26 lettres

Un infini qui ferme derrière nous sa fenêtre

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